Si j'avais su un jour
Tout ce qui ne m'attendrait pas ?
Quel est donc ce décalage
Celui qui sommeille en moi
Alors que pendant tout ce temps
Mon corps blessé ne dort pas
Immense est le fruit du hasard
Cette eau qui coule le long du bras
Les deux rivières qui s’enchaînent
Se frôlent mais ne se rejoignent pas
Dans un automatisme de nuit
Des voix sifflent à mes oreilles
Mes longues absences diurnes
D’une reine qui marche au pas
Attendre, attendre, semer
Récolte sans pain et sans levain
De la nuit à la prune avalée
Le non festin d’un sombre repas
C’est dans la nuit que tout se trouve
La vérité des amples mensonges
La soif d’une terre desséchée
L’ordre du jour, je ne sais pas
C’est quand je rentre que je l’entends
Rauque, dur, gras, toussotant
Le moindre mouvement me touche
En ce sommeil que je ne trouve pas
Serais-je donc une autre Circé
Alors que je les ai transformé
Méritant sa douleur refoulée
Les dresser, mais jamais au pas
Le souffle saccadé la rejoindre
Epicier de plomb et de pharmacopée
Et de une et de quatre
Mes haltes au devant de mes pas
Et dire qu'il suffirait d'une étoile....
Edité le 5/12/2007